AVOIR DES RELATIONS PERSONNELLES AVEC SES PETITS-ENFANTS
Vous avez coupé toutes relations avec votre fille, votre fils est décédé ou encore séparé de la mère de ses enfants… Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, vous n’avez pas vu vos petits-enfants depuis longtemps ou vous ne les connaissez pas.
Sachez cependant que vous n’êtes pas démuni. Vos droits à entretenir des contacts avec vos petits-enfants sont reconnus par la loi.
Les erreurs à éviter :
ARTICLE 371.4 code civil modifié par loi n°2007-293 :
L’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants. Seul l’intérêt de l’enfant peut faire obstacle à l’exercice de ce droit. Si tel est l’intérêt de l’enfant, le juge aux affaires familiales fixe les modalités des relations entre l’enfant et un tiers, parents ou non.
A retenir :
Ces droits sont en faveur de l’enfant et non des grands-parents (article 371.4 du code civil) : Aussi, c’est avant tout l’intérêt de l’enfant qui est pris en compte.
De la sorte, parfois, la demande des ascendants se trouve refusée par le Juge aux Affaires Familiales.
Lorsqu’il y est fait droit, les frais de transports, pour aller chercher l’enfant et le ramener au domicile de ses parents, sont à la charge des grands-parents.
Ceux-ci peuvent se voir dans l’obligation de payer une pension alimentaire à leurs petits-enfants dans le besoin si les parents sont dans l’impossibilité financière d’accomplir leur devoir à leur égard.
Les règles :
Livret de famille et droits des grands-parents :
La loi n° 2001-1135 du 3 décembre 2001 (D.23.12.2002) sur les droits des conjoints survivants a modifié les mentions devant figurer dans le livret de famille. Désormais, une information sur le droit de la famille est délivrée au moment de l’accomplissement des formalités préalables au mariage. Un document d’information est annexé au livret de famille qui précise notamment que l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses grands-parents.
QUAND LE DROIT AUX RELATIONS PERSONNELLES EST REFUSÉ
Ces motifs graves existent qui s’opposent à l’exercice de ce droit, le Juge peut refuser d’accéder à la requête des ascendants.
C’est le cas, notamment :
- Lorsque les grands-parents sont reconnus inaptes à s’occuper correctement de leurs petits-enfants.
- Lorsque les rapports entre les grands-parents et les petits-enfants sont dangereux pour ces derniers.
- Lorsque les rapports grands-parents – parents sont conflictuels et risquent de perturber l’équilibre psychologique de l’enfant etc...
Il n’y a pas de définition légale des motifs graves empêchant les relations entre les grands-parents et les petits-enfants. Ce sont aux parents, s’opposant à tout contact, de faire la preuve de ces motifs graves.
Les juges prennent des décisions au cas par cas, en fonction de ce qu’ils estiment être l’intérêt de l’enfant.
LA LOI EN PRATIQUE
Les démarches :
Le défenseur des enfants :
Les petits-enfants qui souhaitent voir leurs grands-parents, peuvent, de leur côté, s’adresser au Défenseur des enfants.
Il y a un correspondant pour chaque département : http://www.defenseurdesenfants.fr/infoprat/texte5.htm
Les réclamations peuvent être également adressées a cette adresse :
DÉFENSEUR DES ENFANTS
104 Boulevard Blanqui
75013 PARIS
LES RECOURS DES GRANDS-PARENTS
Les grands-parents rencontrent de plus en plus de difficultés pour exercer leurs droits, notamment pour voir leurs petits-enfants.
Si vous êtes dans une telle situation, toujours très délicate à régler, il est indispensable avant de vous résoudre à engager une procédure judiciaire, (qui doit être le dernier des recours) de rechercher une solution amiable. Il est parfois nécessaire pour les grands-parents de tenter d’éviter un blocage avec les parents en modérant leurs demandes et en tenant compte des difficultés de tous ordres auxquels sont confrontés certains parents.
LES SOLUTIONS AMIABLES
Les grands-parents peuvent s’adresser auprès :
- D’une association qui pourra les soutenir, les conseiller et les orienter selon l’importance du conflit dans leurs démarches et auprès des différents partenaires relais.
- D’un membre de la famille qui peut sous un regard neutre trouver une solution entre les deux parties.
- D’un conciliateur, peut les aider à trouver une solution amiable face à ces difficultés.
- D’une médiation familiale qui peut intervenir à tout moment lors d’une situation conflictuelle, avant, pendant, ou après toute action en justice.
En général, il s’agit d’une démarche volontaire des parents et des grands-parents.
LA PROCÉDURE JUDICIAIRE
QUE FAIRE SI AUCUN ACCORD AMIABLE NE PEUT ÊTRE INSTAURÉ ENTRE LES PARENTS ET LES GRANDS-PARENTS ?
Si ces solutions amiables ne donnent pas les résultats que vous espériez, vous pouvez aller en justice pour faire valoir vos droits.
Faire la demande de désignation d’un médiateur dans le cadre de la procédure.
Pour cette démarche, il est conseillé de se faire assister par un avocat rattaché au Tribunal de Grande Instance du lieu de domicile des petits-enfants. L’avocat saisira le juge aux affaires familiales pour nommer un médiateur.
Le médiateur ne peut obliger les parties à accepter la solution requise, mais les parties sont obligées de se présenter lors de la convocation.
Saisir le Juge aux Affaires Familiales avec l’aide de votre avocat.
Le Juge aux Affaire Familiales compétent est celui dans le ressort duquel se trouve situé le domicile des enfants.
Quand il y a un conflit important entre les grands-parents et les parents, une procédure judiciaire pour obtenir un droit de visite pour leurs petits-enfants peut s’avérer longue, coûteuse et surtout traumatisante et douloureuse pour l’ensemble de la famille.
Les grands-parents devront apporter les preuves qu’il est dans l’intérêt de leurs petits-enfants d’entretenir des relations avec eux.
Les grands-parents peuvent également se trouver dans l’obligation d’apporter des preuves pour se disculper des accusations des parents invoquant un motif grave pour couper tout contact avec les petits-enfants.
C’est le Juge aux Affaires Familiales qui déterminera les conditions de relations, au cas par cas, en fonction de la vie, de l’âge, de l’éloignement géographique, de l’attachement de l’enfant, de son intérêt, des relations antérieures entre l’enfant et ses grands-parents etc….
Il faut savoir que rien n’oblige le Juge aux Affaires Familiales à fixer un droit d’hébergement, il peut simplement accorder un droit de visite, et parfois selon la gravité du conflit en centre de médiations.
Le Juge aux Affaires Familiales peut prendre en considération l’avis des petits-enfants.
Si ces derniers manifestent (sans manipulations de la part des parents) un souhait de nouer ou renouer des relations avec leurs grands-parents ou au contraire un refus de contact avec eux.
C’est dans ce contexte dernier que des grands-parents peuvent se voir refuser les droits.
L’enfant peut être entendu seul ou accompagné d’un avocat, étant précisé que l’aide juridictionnelle est dans ce cas systématiquement accordée à l’enfant.
Une fois les modalités des relations obtenues par le Juge aux Affaires Familiales il faut qu’elles soient mises à exécution sans oublier les contraintes matérielles, les perturbations psychologiques que de telle démarches peuvent engendrer.
Parfois le fait d’obtenir satisfaction en justice ne peut que renforcer le conflit existant entre les deux parties dont les petits-enfants ne peuvent être protégés.
En cas de désintérêt manifeste, ou si les parents sont dans l’impossibilité d’exercer toute ou en partie de l’autorité parentale, le Juge aux Affaires Familiales peut ordonner, à la demande des grands-parents, qu’elle leur soit déléguée, totalement ou partiellement.
Dans certains cas aussi, les grands-parents peuvent :
- Être désignés tuteurs de leurs petits-enfants.
- Choisir de procéder à leur adoption.
L’AVOCAT
Depuis le 1er janvier 2005, il est obligatoire de faire appel à un avocat (art. 1180, NCPC).
Il est préférable de s’adresser à un avocat du droit de la famille, la liste est dressée dans les mairies. Le recours à un professionnel peut permettre d’apporter la distance souhaitable devant le magistrat
Il est souhaitable de demander dès le premier rendez-vous le montant global des frais qu’il faut prévoir :
- les frais du procès proprement dits
- les honoraires de l’avocat
- le coût d’une éventuelle enquête sociale etc.
Il faut également penser aux éventuelles retombées d’un procès, telles que condamnation à rembourser à l’autre partie ses frais si l’on échoue dans sa demande, instance d’appel, etc.
L'ENQUÊTE SOCIALE ET / OU MEDICO-PSYCHOLOGIQUE
Après une longue procédure, le juge peut faire appel à un médiateur familial ou ordonner une enquête sociale ou encore médico-psychologique afin de déterminer les intérêts de l’enfant.
L'AIDE JURIDICTIONNELLE
Si vos revenus ne vous permettent pas de supporter les frais d’une procédure, vous pouvez demander à bénéficier de : l’aide juridictionnelle (partielle ou totale).
A savoir :
Certains contrats d’assurance prévoient une protection juridique, pour faire valoir vos droits. Cette assurance garantit et prend en charge dans certains cas et dans les limites prévues au contrat, les frais d’avocat et le cas échéant les frais de justice.
EN CAS DE SOUFFRANCE PSYCHOLOGIQUE DE L’ENFANT LIÉE A LA RUPTURE DU LIEN AVEC SES GRANDS-PARENTS
ET/OU AU CONFLIT ENTRE SES PARENTS ET SES GRANDS-PARENTS
Les grands-parents constatant cette situation doivent prendre contact avec des associations qui peuvent les conseiller et les orienter vers des spécialistes.
EN CAS DE MALTRAITANCE PHYSIQUE PSYCHOLOGIQUE
D’ABUS SEXUEL SUR L’ENFANT
Définition du signalement :
Acte par lequel il est porté à la connaissance d’une autorité administrative ou judiciaire une situation ou présumée de maltraitance. Le signalement doit s’effectuer sans crainte des conséquences (administratives ou judiciaires).
Qui peut signaler ?
- Toute personne témoin, ou ayant connaissance de mauvais traitements à l’égard de mineur victime ou présumé l’être.
- Les professionnels qui dans l’exercice de leur activité sont en contact avec des enfants.
- Les associations de protection de l’enfance.
- L’enfant lui-même victime .
Comment signaler ?
Par téléphone ou de vive voix suivi éventuellement d’une confirmation écrite.
Quel est le but d’un signalement ?
Le signalement des mauvais traitements a pour but premier de protéger les enfants, non de sanctionner les auteurs. C’est le Procureur de la république qui au vu du dossier décide ou non de l’opportunité des poursuites. Le signalement ne relève pas de la délation mais constitue un devoir et dans certains cas une obligation légale.
Qui sont les enfants à protéger ?
- L’enfant maltraité :
L’enfant maltraité est celui qui est ou serait victime de violences physiques, d’abus sexuels, de cruauté mentale, de négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement physique et psychologique.
- L’enfant en risque de maltraitances ;
L’enfant en risque de maltraitances est celui qui connaît des conditions d’existence qui risquent de mettre en danger sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation, ou son entretien, mais qui n’est pas pour autant maltraité. Il peut-être au demeurant un enfant aimé et soigné.
A qui s’adresser pour faire un signalement ?
Enfance et Partage Numéro Vert : 0800.05.1.2.3.4 (appel gratuit)
119 (Allô Enfance Maltraitée) est un numéro gratuit
Ainsi les enfants peuvent également appeler pour parler de leur souffrance même s’ils n’ont pas d’argent.
Enfance et Partage pourra répondre à leurs questions, les écouter et surtout les aider.
Tous ces témoins peuvent également faire un signalement auprès :
- Du Procureur de la République, qui diligentera une enquête. Selon les conclusions l’affaire sera confiée au juge des enfants.
- Des services sociaux : mairie, service social scolaire, P.M.I. assistante sociale, médecin…
- Gendarmerie, commissariat, brigade des mineurs.
A noter :
Les mauvais traitements se rencontrent à tous les âges de la vie de l’enfant et dans tous les milieux.
La rubrique "Vos droits" a été réalisée partiellement sur des extraits de l'ouvrage "Grands parents quels sont vos droits" avec l'autorisation des éditions PRAT http://www.prat.fr et la collaboration de notre avocate.
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